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Cybersécurité

Arnaque au faux support technique : la reconnaître et réagir à temps

Une alerte plein écran, une sirène, un numéro « Microsoft » à appeler d'urgence. C'est l'une des arnaques les plus courantes en France. Comment la reconnaître, quoi faire tout de suite, et quoi faire si vous avez déjà appelé.

Par BENALI5 min de lecture

L'écran se fige. Une fenêtre rouge couvre tout, une voix synthétique répète que votre ordinateur est infecté, et un numéro s'affiche : « Support Microsoft, appelez immédiatement, ne redémarrez pas votre ordinateur ». La souris semble ne plus répondre.

Votre ordinateur n'est pas infecté. Vous êtes sur une page web conçue pour vous faire peur. Et la seule chose dangereuse sur cet écran, c'est le numéro.

La réponse courte : que faire tout de suite ?

N'appelez pas le numéro. Fermez le navigateur, ou à défaut éteignez l'ordinateur en maintenant le bouton d'alimentation enfoncé. Rallumez-le. Dans la grande majorité des cas, l'alerte a disparu. Si elle revient, ne la touchez pas et faites appel à un professionnel de confiance.

C'est aussi ce que recommande Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif national d'assistance aux victimes, qui classe cette arnaque au troisième rang des menaces visant les particuliers.

Comment fonctionne l'arnaque

Le scénario est presque toujours le même, et il se joue en trois temps.

La peur. Une page piégée, souvent atteinte par une publicité ou une faute de frappe dans une adresse, passe le navigateur en plein écran, joue un son et imite une alerte Windows. Rien n'est installé sur votre ordinateur à ce stade. C'est une page web, rien de plus.

L'appel. Au bout du fil, une personne calme et professionnelle se présente comme technicien Microsoft. Elle vous demande d'installer un logiciel de prise en main à distance (AnyDesk, TeamViewer ou l'Assistance rapide de Windows), puis de lui donner le code affiché.

La mise en scène. Une fois aux commandes, l'escroc ouvre des outils système qui affichent des lignes rouges et des avertissements parfaitement normaux, et vous explique que ce sont des virus. Il propose ensuite un « contrat de protection » de quelques centaines d'euros. Les versions récentes vont plus loin : accès à la banque en ligne « pour vérifier un remboursement », virement déguisé, voire installation d'un vrai logiciel espion. Le préjudice, qui se comptait autrefois en centaines d'euros, atteint désormais plusieurs milliers d'euros.

Les signes qui ne trompent pas

  • Microsoft n'affiche jamais de numéro de téléphone dans une alerte. Jamais. Ni Apple, ni Google, ni votre banque.

  • Un vrai problème de sécurité ne se signale pas avec une sirène. Windows Defender affiche une notification discrète dans un coin de l'écran.

  • L'urgence est fabriquée. « Ne redémarrez pas », « vos données seront détruites dans 5 minutes » : le but est de vous empêcher de réfléchir.

  • On vous demande de payer par carte cadeau, virement ou cryptomonnaie. Aucun service technique légitime ne fonctionne comme ça.

  • On vous appelle spontanément. Microsoft ne vous téléphone pas pour vous prévenir d'un virus.

Une variante circule aussi par Microsoft Teams en entreprise : un faux « service informatique » contacte un salarié et lui demande d'ouvrir l'Assistance rapide. Même règle. Personne ne doit obtenir l'accès à votre poste sans que vous l'ayez demandé, par un canal que vous avez choisi.

Fermer l'alerte sans appeler

Selon votre situation, du plus simple au plus radical :

  1. Appuyez sur Échap, puis fermez l'onglet. Le plein écran tombe souvent avec cette touche.

  2. Ouvrez le gestionnaire des tâches avec Ctrl + Maj + Échap, sélectionnez le navigateur et cliquez sur « Fin de tâche ».

  3. Éteignez l'ordinateur en maintenant le bouton d'alimentation pendant cinq secondes.

  4. Au redémarrage, si le navigateur propose de « restaurer les onglets », refusez.

Si l'alerte réapparaît à chaque démarrage, quelque chose a effectivement été installé (souvent une extension de navigateur ou une notification autorisée par erreur). C'est le moment de faire vérifier la machine par quelqu'un de confiance, ou de faire une suppression de virus en règle.

Vous avez déjà appelé, ou donné l'accès : que faire ?

Pas de honte à avoir. Ces escrocs sont des professionnels du baratin, et ils piègent chaque jour des personnes tout à fait averties. Ce qui compte maintenant, c'est la vitesse.

  1. Coupez Internet immédiatement. Débranchez le câble ou désactivez le Wi-Fi. Si l'escroc est encore connecté, cela coupe sa session.

  2. Si vous avez payé ou donné vos coordonnées bancaires, appelez votre banque pour faire opposition. Plus l'appel est rapide, plus les chances de bloquer ou récupérer les sommes sont bonnes.

  3. Désinstallez le logiciel de prise en main qu'on vous a fait installer, ou mieux, faites contrôler l'ordinateur. Un escroc qui a eu la main a pu laisser un accès permanent.

  4. Changez vos mots de passe depuis un autre appareil, en commençant par la messagerie et la banque. Activez la double authentification partout où c'est possible.

  5. Déposez plainte et signalez l'arnaque sur Cybermalveillance.gouv.fr, qui oriente les victimes vers les bons interlocuteurs.

Un point que l'on oublie souvent : après une arnaque réussie, les victimes reçoivent fréquemment un second appel d'un prétendu « service de récupération » ou d'un « faux policier » qui propose de récupérer l'argent… contre paiement. C'est la même équipe.

Comment ne pas se faire avoir la prochaine fois

  • Notez dès aujourd'hui le numéro d'un dépanneur de confiance (le nôtre ou un autre), pour ne jamais avoir à chercher un numéro en pleine panique.

  • Gardez votre navigateur et Windows à jour. Un navigateur récent bloque une bonne partie de ces pages.

  • Installez un bloqueur de publicité réputé. Beaucoup de ces pages arrivent par des publicités piégées.

  • Ne donnez jamais un code de prise en main à distance à quelqu'un qui vous a contacté. Une assistance à distance légitime commence toujours par votre demande.

Et si vous avez un doute devant un message, un appel ou une fenêtre, le bon réflexe est simple : raccrochez, fermez, et appelez vous-même un professionnel dont vous avez trouvé le numéro par vos propres moyens. Chez RepairX, on préfère mille fois un appel « pour rien » qu'une heure passée à nettoyer les dégâts.

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